✦ Quoi publier
Quoi publier sur LinkedIn
quand on est coach.
LinkedIn a fabriqué une catégorie sociologique et tu en es le symptôme : le coach qui pleure à voix haute pour signaler qu'il est humain. Ton fil est saturé de gens qui te ressemblent. Ce guide ne te dira pas quoi publier de plus. Il te dira ce que tu dois arrêter de publier tout de suite.
La vulnérabilité performée (aka le nouveau costume)
Depuis cinq ans, on répète aux coachs qu'ils doivent se montrer. Raconter leurs échecs. Leurs failles. Leurs remises en question. Le conseil était bon en 2019. En 2026, il produit un flux continu de posts interchangeables qui commencent tous par la même respiration.
Tu les connais par coeur. « Aujourd'hui, j'ai osé ». « Je me suis autorisée à ». « Il y a trois ans, j'étais au fond du trou ». « Un client m'a fait grandir cette semaine ». Ces ouvertures ne sont pas fausses — elles sont épuisées. Un lecteur qui scrolle en voit quinze avant midi. La quinzième, il ne la lit plus.
Le problème n'est pas la vulnérabilité elle-même. Le problème est qu'elle est devenue un format. Une posture qu'on prend pour cocher la case « humain ». Le lecteur le sent — parce qu'il l'a fait aussi. Et il classe ton post dans la même catégorie que les trente autres du matin : à côté du café, sans lire.
Ce qui reste quand tu retires la performance de la fragilité ? Ton vrai métier. C'est le sujet des sections qui suivent.
Ce qui te démarque vraiment
Il y a des registres que le coaching LinkedIn n'a pas encore saturés. Ils demandent plus de travail — c'est justement pourquoi ils fonctionnent.
Le déclic pédagogique tiré d'une séance
Pas « ma cliente a compris quelque chose » — trop vague, trop héros. Le vrai matériau, c'est le mécanisme exact que tu as vu se produire en séance et qui vaut au-delà de cette personne. Le moment où tu as posé une question qui paraissait banale et qui a débloqué quelque chose que dix exercices n'avaient pas débloqué. Explique pourquoi cette question là, à ce moment là. C'est ta signature de coach — personne d'autre ne l'aurait posée pareil.
L'objection retournée qu'un client t'a faite
Un client qui te dit « ça ne marchera jamais parce que », et qui a raison sur un point que tu n'avais pas vu. Ce post est infiniment plus intéressant que les posts où le coach a toujours raison. Il te positionne comme quelqu'un qui apprend encore — pas comme un gourou qui récite. Attention : il faut vraiment que tu aies changé d'avis. Sinon ça sent la modestie de façade, encore un cliché saturé.
La prise de position sur une dérive de ton métier
Les formations à 15 000 euros vendues avec des promesses miraculeuses. Les certifications qui ne certifient rien. Les coachs qui vendent du « mindset » à des gens qui ont besoin d'un thérapeute. Les DM automatisés. Nommer nommément ces dérives te fera perdre des followers — et gagner exactement le public qui te ressemble. Le silence sur ces sujets est une prise de position aussi, moins avantageuse.
Comment parler de tes clients sans les trahir
C'est la vraie contrainte du coach qui veut publier depuis sa matière la plus riche : les séances. La confidentialité te ferme la porte la plus intéressante.
La solution s'appelle la fiction reconnaissable. Tu changes tout ce qui pourrait identifier la personne — secteur, sexe, âge, contexte, phrase exacte. Tu gardes uniquement la mécanique : le noeud, la question que tu as posée, le déclic. Le client concerné ne se reconnaît pas parce que les détails sont autres. Un lecteur inconnu se reconnaît parce que la mécanique est vraie.
Règle stricte : si tu écris « hier en séance » ou « ma cliente Marie » et que la personne existe réellement, tu es à un DM de te faire signaler. Mets une distance temporelle floue (« une séance récente »), un prénom inventé, un contexte modifié. Et si tu veux vraiment être propre, tu préviens tes clients dès la première séance que tu publies parfois — anonymisé, mécaniquement fidèle, biographiquement faux.
Le test à faire avant chaque publication
La question
« N'importe quel autre coach pourrait-il publier exactement ce post ? »
Si la réponse est oui, ne publie pas. Non pas parce que le post est mauvais — parce qu'il est interchangeable. Il n'ajoute rien à toi. Il grossit juste le flux.
Ce test est plus dur qu'il en a l'air. La plupart des posts de coach le ratent. Une citation d'auteur célèbre suivie d'une leçon de vie ? N'importe quel coach l'a déjà publiée. Une liste des « 5 signes que tu es en burn-out » ? Tout le monde. Un manifeste sur l'importance d'écouter son corps ? Idem.
Ce qui passe le test : ta séance de mardi avec un cadre qui refusait de déléguer parce qu'il avait peur d'être remplacé, et le détour que tu as pris pour lui montrer que ce n'était pas la délégation le problème, mais l'identité qu'il avait construite autour d'être indispensable. Personne d'autre ne peut publier ça.
✦ Ce que fait Katnys
Cartographier ce qui te distingue des autres coachs.
Katnys mène un entretien approfondi avec toi — pas un questionnaire. Elle en tire une empreinte éditoriale : les vocabulaires que tu refuses, tes convictions dissidentes, tes déclics récurrents en séance, les postures que tu tiens contre le vent du secteur.
Ensuite, chaque post que tu prépares part de ta matière — un moment, un client (anonymisé), une position — et sort dans ton empreinte. Pas dans la moyenne du coaching LinkedIn. La différence tient à quelques détails — justement les détails que le lecteur reconnaît comme toi.
✦ Katnys ouvre bientôt
Hack enfin LinkedIn.
Le hack n'est pas dans l'algorithme — il est dans les trois posts que tu jettes chaque semaine sans le savoir. Je te montre comment les récupérer.